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Penser, c'est déjà désobéir...

et désobéir, il faudra bientôt y penser!
 

 

28 mars 2008 5 28 /03 /mars /2008 17:33

Pauvreté, précarité ça suffit !

Après la réforme de 1993 et celle 2003, le premier ministre vient d'affirmer que la
durée de cotisation pour un taux plein serait portée de 40 à 41 ans entre 2009 et 2012.
Ainsi il veut confirmer les orientations de 2003 sans qu'aucun bilan n'en soit tiré.

Les femmes paient le prix le plus lourd pour les réformes de 1993 et 2003.
Les réformes des retraites accroissent les inégalités de pensions entre hommes et femmes

Les pensions de droit direct des femmes (référence aux salaires) sont la moitié de
celles des hommes. Avec la réversion, la différence est encore de près de 40 %.
Les petites retraites, ce sont celles des femmes : la moitié des femmes partant en
retraite dans le régime général sont au minimum contributif.
Elles constituent 75 % des bénéficiaires de ce minimum.
Logique : ces inégalités sont le produit des inégalités constatées sur le marché du
travail en termes d'emploi et de salaires. Celles-ci sont loin de se réduire avec la
montée du temps partiel et des petits boulots chez les femmes.
De plus, les réformes des retraites qui privilégient la durée de cotisation pénalisent
d'abord les carrières courtes, discontinues (chômage, retrait d'activité) et à temps
partiel. Dans le secteur privé, le passage des 10 aux 25 meilleures années pour le
calcul du salaire de référence touche les femmes qui globalement ont davantage de
«mauvaises années ».
Les femmes sont donc victimes d'une discrimination indirecte : une disposition
(l'allongement de la durée de cotisation), apparemment neutre, désavantage
clairement les femmes. Le système de décote constitue une double peine.
Les droits familiaux, notamment la majoration de durée d'assurance (8 trimestres par
enfant dans le régime général) et l'assurance vieillesse des parents au foyer
permettent aux femmes de valider de nombreux trimestres dans le secteur privé. Cela
ne compense que faiblement les inégalités de pensions très fortes chez les salariés du
privé.
Dans la Fonction publique, la réforme de 2003 a scandaleusement réduit les droits
familiaux dont bénéficient les femmes. Cette mesure anti-redistributive n'a jamais été
justifiée publiquement
.


Ainsi, les mères d'enfants nés avant 2004 n'ont gardé leur bonification d'un an que
si elles étaient fonctionnaires au moment de l'accouchement : les femmes inactives,
en disponibilité, non titulaires ou travaillant dans le privé ont perdu ce droit tout
comme une partie des étudiantes. Ubuesque : les jumeaux ne comptent plus que pour
un ! Pour les enfants nés après 2004, le nouveau système pénalise les femmes qui
poursuivent leur carrière sans s'interrompre. Le régime de retraite de la Fonction
publique valorise donc un modèle social qui est rejeté par les femmes.
Plutôt que de chercher à faire des économies sur le dos des femmes, les régimes de
retraite devraient au contraire favoriser l'activité des femmes (qui contribuent au
financement des retraites) et s'adapter pour répondre aux aspirations des femmes à
avoir des droits propres et pour prendre en compte les mutations sociales (Pacs,
concubinage, montée du divorce, et de la proportion de femmes arrivant seules à
l'âge de la retraite)
Imposer des réformes qui aggravent les inégalités entre hommes et femmes, aggraver
la précarisation sociale et la pauvreté pour une partie de plus en plus importantes des
femmes, voilà le résultat de la politique de "reforme" des retraites. Il s'agit donc bien
d'une politique régressive à tous points de vue.

Il faut stopper cette spirale de la paupérisation :
c'est possible !
Garantir le niveau des retraites décentes pour les femmes dans une société solidaire : c'est possible !

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Published by Sud Collectivités territoriales Basse-Normandie - dans Femmes
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